dimanche 17 mai 2009

XXcensuré@@@@

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arrête ton cirque, Circé

Le 11 mai, sous le titre « charcuterie » j'ai lancé un défi ; Gasp ! Il n'est pas encore relevé. Quinze réponses dans les huit jours, disais-je ! Mais vous n'y arriverez jamais, mes chéris. C'est mou du genou votre affaire ! j'ai bien compté : quatre messages ! Mention très honorable pour Jean David, avec photo et texte virulent, qui m'a fait chaud au cœur : le rhinocéros est bien la bête qu'il nous faut… mais les autres ? Que sont mes amis devenus ? Seigneurs et belles dames du temps jadis ? Où n'en quel pays ? Sous la baguette de quelle Circé avez-vous troqué vos doux minois pour groins et trognes ?

Et moi, tandis que j'agonise, je vois le couteau approcher et le grand seau ouvert. La Grippe, comme la Peste et le Choléra, sera métaphore : après Albert et après Jean, qui viendra chanter le lamento du trucidé ? Aaaaahhhhhh….

Ce dégoulinement de mauvais goût vous fera-t-il hausser un sourcil ? Il sera temps de réagir quand vous recevrez par la poste votre lot de saucisses fumées et de rillettes aux câpres ? Vous l'avez pas ici ma photo, mais elle est assez grassouillette l'Anne-Marie.

 

 

vendredi 15 mai 2009

Du lard ou du rhinocéros ?

A J-4, j’ouvre un œil (le bon) pour voir, miracle, que “ça” a bougé sur le blog du bogue. Sans aucun sentiment de culpabilité (ni de repentance, pitié, assez de repentances!) parce que je ne figure pas parmi les déserteurs ou les moins bavards, j’apporte ma bénédiction onctueuse et thaumaturgique à Anne-Marie dans sa tentative de réveiller les morts, ou du moins, les malades, non pas de la peste, comme dirait notre cher La Fontaine, mais du silence. Et “voilà pourquoi votre fille est muette”, nous dira-t-on, “pourquoi s’aller saigner quand on n’est point malade ?” Mais la maladie rôde, comme la mort dans la pièce pour piano de Gabriel Dupont (recueil Les Heures dolentes, 1903). Ressusciter le propos au moyen de la truie menaçante est audacieux ! Certes, point n’est besoin d’entrevoir la hache, hein ? haine? hein ? pour tâter de la truffe. Le mufle aussi, comme disait Laurent Tailhade habite ce pays-ci assez communément ! Mais à défaut d’être, déjà, contaminés du groin et masqués par le toubib, ne sommes-nous pas victimes, toujours dans ce pays-ci, d’une épidémie tout aussi dangereuse, la rhinocérite, chère à Eugène ? Dolorisme de la “crise”, processions larmoyantes avec pancartes revendicatrices en guise de bannières christiques, commisérations complaisantes et télévisuelles interminables, grèves qui ne sont pas celles du rivage des Syrtes et autres lynchages médiatiques alignent leurs sanglots et leurs trognes (à la Jean Carmet dans “Comment réussir quand on est con et pleurnichard”) pour dénoncer tout et rien, s’apitoyer, se plaindre, dénoncer, refuser, exiger le retrait (de tout et de rien), s’opposer (à tout et à rien) : dans cet art si français du “je ne fais rien mais je sais tout et j’attends que la providence pourvoie”, un politiquement correct de l’inaction contestataire nous paralyse plus surement que les effluves d’une Miss Piggy qui aurait troqué la blondeur pour de noirs desseins ! La contagion est grande, les rhinocéros pullulent ! Halte au Rhinocéros (pas celui du Fellini de “La nave va”, symbole d’espoir), nous verrons à combattre le cochon ensuite.

Chère Anne-Marie, au défi lancé, voici ma réponse, insolente, comme d’habitude et peu “correcte”, on ne se refait pas ! Mais, comme les scouts, qui, eux, au moins, ne baissent pas les bras et continuent de faire du feu, je suis toujours prêt !

Et je signe : Jean-David

mercredi 13 mai 2009

J moins 6

Y a quelqu’un ?

Y a personne ?

Plum, plum, tralala….Feignons de feindre afin de mieux dissimuler. Tout baigne.

J’envoie un autre message demain, rien ne presse.
AM

 

mardi 12 mai 2009

J moins 7

Arrgh ! Pas de réponse ! je serre les dents.

Quelques symptômes se profilent : troubles de la vue, nausées, envies soudaines de jambon-beurre.

Ils écriront demain, ou tard ce soir. Il reste une semaine. Ne panique pas, Anne-Marie !

(ceci vaut signature)

lundi 11 mai 2009

Charcuterie

Héroïne, ici même, de plusieurs épisodes suisses, avec retour cyclique de la figure du Commandeur, la revoilà, la terrible, la rusée, l'affreuse ! A changé de nom : la Cochonne ! Rebaptisée A, comme les Apprenants, qui se collent un rond A sur le train arrière - histoire de montrer qu'on a toujours des comptes à rendre - A comme Accroupi, A comme Assouvir mais pas A comme Adam, c'est sûr. Parce que Adam, i connaissait pas les cochons, soies raides et groins squameux. Rien avant le déluge. Pourceaux d'Epicure, abordant l'arche à la nage, auxquels on jeta trop de perles, cancres mal dégrossis, le tarin humide, l'œil torve et la queue en tire-bouchon. Verrats désœuvrés, gorets altruistes, truies crassouilles, vous nous avez collé la poisse. La revoilà la grippette qui grimpe, et ça se donne et ça s'attrape et ça vous colle à la peau (de saucisson, faites excuse) Finie la chair de poule, la contagion des plumes et la malédiction des fientes. Oust, tous à la soue. (pas mécontente, beurrée de salé aux lentilles, boudin noir, coup de boutoir). Couenne de vie.

H 1, touché. N 1, coulé !!

Pourquoi un tel sujet, amis chers, dans ces colonnes de sagesse, de retenue et de bogue honnête ? Pourquoi évoquer la pandémie, le Mexique, les masques et l'alerte mondiale au virus ? Pouah.

C'est bien simple. Goooogle annonce : 4 420 000 réponses pour grippe porcine en 0,06 secondes.  Nom d'un petit cochon, voilà qui va peut-être nous revivifier le lard ! debout les morts ! Je vous mets au défi de m'envoyer quinze réponses dans les huit jours, ma hure sur le billot.

Qui qu'a peur du grand méchant Loup ? C'est pas nous, c'est pas nous, c'est pas nous

Je signe : Anne-Marie

lundi 13 avril 2009

Déviation

Joyeuses Pâques à tous,
Ella

mercredi 1 avril 2009

vendredi 20 mars 2009

Ceci va disparaître !

Certains d’entre nous, parce qu’ils ont fréquenté les lieux, connaissent bien cet escalier. C’est l’escalier d’honneur de la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu. D’autres ne le connaissent pas mais, soyons-en certains, ne verront pas de mal à ce qu’on évoque, ici, un des hauts lieux de la culture ; en montant ces degrés on parvient aux grands salons d’honneur où sont organisées diverses expositions, mais on accède aussi à plusieurs départements de la BN, dont le département des manuscrits. Dans le projet “d’embellissement”  (on appréciera la prétention du propos) du bâtiment Richelieu, qui doit accompagner l’installation de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) dans la prestigieuse salle Labrouste, des “architectes” ont prévu de démolir purement et simplement cet escalier, pas assez “pratique”, “plus grand par la taille que par le caractère (sic)” et qui ne leur convient pas (et aussi sans doute, parce que cela permettra à leur créativité de concocter autre chose à la place et de le facturer bien cher : ben voyons !).
L’information circulant peu à ce sujet, peut-être que les Amis du bogue, bien que quasiment muets désormais, accorderont un petit intérêt à ce triste sujet. Alors que “nous” avons, semble-t-il, renoncé à “construire une communauté à l’œuvre”, certains, soyons en sûrs, dans ce pays, ne renoncent pas à détruire...

(Jean-David)

http://www.latribunedelart.com/Patrimoine/Patrimoine_2009/Escalier_BNF.htm

mercredi 25 février 2009

Jean Amado vu par Francis Finidori

Pour aller plus loin en prolongeant la curiosité...
Un entretien avec Francis Finidori, un ami de Michelle, qui nous parle de l'oeuvre de Jean Amado déjà évoquée et appréciée par certains d'entre nous.
(Christophe)

vendredi 20 février 2009

La crise gagne-t-elle le bogue?

Le silence règne sur le bogue depuis des semaines. Les échos philosophiques, métaphysiques, humoristiques, artistiques de notre triple quarteron ont disparu et même le Clairon socratique a cessé de paraître ! La morosité aurait-elle gagné ? Après le naufrage, la disette ? Mais comment cette crise, dont on sait qu’elle est majoritairement psychologique et que, en réalité, elle ne touche qu’une infime partie de la population dans notre pays, comment vient-elle troubler la réflexion des amis du bogue? Qu’il y ait une crise financière liée aux comportements aventureux des financiers américains : oui. Que cette crise ait entraîné des faillites bancaires et, par la titrisation de ses risques, contaminé par ses produits toxiques des établissements internationaux et entraîné une raréfaction du crédit : certes. Que la baisse de la consommation de certains produits industriels ait entraîné quelques dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires : soit. Mais la majorité de nos compatriotes, et les chercheurs aussi, n’ont ni portefeuille boursier, ni stock options, ni investissements immobiliers mirobolants. Leurs salaires sont les mêmes, leur vie quotidienne n’a pas changé, bref, quoi de nouveau ? Sinon le discours obstinément catastrophiste de journalistes enthousiasmés par le syndrome de Cassandre. Pas un jour, depuis des mois, sans que Monsieur Pujadas ou Madame Chazal ne pointe son doigt vers la caméra en clamant, avec, n’en doutons pas, un plaisir secret : “C’est la crise. Qu’allez vous devenir ?” Et de pitoyables “micro-trottoirs” d’aller débusquer la ménagère sur le marché, le cadre moyen dans son bureau, l’étudiant sur son campus : “Tu consommes moins, hein ?” , “Comment tu fais pour vivre ?”, “Vous n’achetez plus de légumes, hein ?”, la jouissance perverse et stupide aux lèvres humides des journalistes, ravis d’avoir quelque chose de désastreux à annoncer. Nulle surprise, dès lors, que la crise se transforme et gagne du terrain : la peur, et ceux qui s’en servent construisant avant l’heure une actualité fantasmatique au lieu de relayer la seule information du moment, agit plus vite que le cours réel du temps économique et social. Cette crise psychologique aurait-elle gagné sur le terrain intellectuel pour que les amis du bogue fassent eux aussi économie de leur parole, en attendant des temps jugés plus cléments ? Mais la salive et les cellules grises ne sont pas titrisés et ne souffrent pas d’une raréfaction bancaire... Et si demain, les artistes, eux aussi, estimaient dangereux de peintre, de sculpter, “d’installer” (ça cela serait moins grave..ha ha ha) parce qu’il faut économiser le talent et l’inspiration ? De grâce, Mesdames et Messieurs les intellectuels,ne faites pas le jeu des journalistes ! Ne croyez pas à “La Crise”...

mercredi 28 janvier 2009

Histoire vraie?


Un étal aux Halles de Nîmes. Les Pink Ladies, petites, pas chères sont du Gard. Je m'arrête. Derrière moi, les voix d'un homme jeune et d'un homme mûr. Quelqu'un est mort qui connaissait quelqu'un, mort depuis longtemps.
— … oui, je l'ai connue, elle est morte en 51…
— … elle était belle ? …
— M…oui, elle…
Je décroche. J'empile mes pommes dans un panier en plastique. Puis j'entends qu'il est question de tableaux de collection.
— …mais nous aussi… mes parents avaient des tableaux, ils avaient un Renoir. Un nu
— ?????
— Ils l'ont vendu, moi, je ne l'aurais jamais vendu.
— D'ailleurs, il est maintenant à la Tate Gallery.
— C'était un paysage ?
— Un Renoir, un nu, à Londres, la Tate Gallery de Londres.
Je me retourne, le jeune homme est un des vendeurs de l'étal, Renoir, la Tate n'est pas son rayon. Pourquoi l'homme grisonnant qui fait ses courses n'explique-t-il pas avec davantage de bienveillance de quoi il retourne puisqu'il semble familier du jeune homme ? Cette manière me laisse perplexe, me dérange.  Je renonce à me mêler de la conversation alors que le fait d'avoir capté en direct la trajectoire d'un Renoir entré à la Tate Gallery m'amuse. Dommage.
Devant mon écran, je visite le site de la célèbre institution londonienne. Sept Renoir, un seul nu. Gabrielle Renard, la cousine de la femme du peintre, morte en 59 (donc la personne morte en 51, ce n'et pas elle).
Le tableau a été légué en 1983 par une madame A.F. Kessler, ce qui ne confirme ni n'infirme qu'il s'agisse du tableau en question. Je ne saurais jamais ce qu'il y avait de vrai dans cette histoire, la mienne s'arrête là, pour l'instant.
Françoise

dimanche 25 janvier 2009

si on dansait ?

Cette SALSA, mes frères !! V. Dogan Gunay vient de divulguer sur le WWW des
images vraiment torrides. Nous sommes quelques uns à avoir reçu en pleine
face la terrible évidence : tout est dans le tempo, tout est dans le muscle,
toute est dans la mâchoire pendante du jury en haleine… Aïe !! Quel talent !
Et cette odeur de sueur, de sciure et de patchouli. Aïe !!
Un seul regret : ils ont arrêté de filmer juste quand j'entrais en scène. Je
porte le n° 1245 et ma partenaire aussi. Vous voulez des images ? la bande
son ? Méfiez-vous : tout le monde peut revenir un jour.
Le Capitaine Crochet

mardi 20 janvier 2009

Ploum ploum tralala

Je n'arrive pas encore à revenir. C'est très difficile, parfois, et parfois c'est encore plus difficile, au point qu'on se demande ce que peut bien vouloir dire 'parfois'. Mais ce qui est extraordinaire, je veux dire dans de telles circonstances (purement intérieures), c'est le sentiment d'être (encore) là. On peut dire que rien n'a changé. Le monde, les êtres chers, les circonstances, certes tout ne cesse de changer (de venir, de disparaître, etc.). Voyez, comment dire, il suffit d'avoir touché le fond de ce qui ne cesse de changer (de venir et de disparaître), ce fond qui n'existe pas (votre vie, peut-être), il suffit d'avoir touché ce fond une seule fois, et bing (ploum ploum tralala). C'est assez concret (mais difficile à dire). C'est de l'ordre de l'expérience (ce que Wittgenstein eût appelé, etc.). Voyez, Derrida n'aimait que la présence, Wittgenstein n'aimait que le silence, Platon n'aimait que le sensible, Heidegger eût mieux fait de n'aimer que l'étant, etc. La philosophie est impuissante, la raison est nulle. La religion est vaine (dans mon cas). La littérature, heureusement je ne sais pas (quand elle cesse d'être ce qu'elle est, et cela arrive sans cesse, ne cesse d'arriver). En ce moment Kertész me sauve la vie (par exemple).

Peu importe. Je n'arrive pas encore à revenir parmi vous. Mais je pense à vous. Je pense à vous d'autant plus fort que je ne parviens pas à revenir parmi vous. À ces mots que certains d'entre vous m'ont envoyés, auxquels je ne suis pas encore parvenu à répondre. Une rue, des poubelles, une photographie qui me fait rêver (très belle). La nuit est froide, sur Lausanne. Il pleut, la pluie fait fondre les derniers restes de neige et de glace (une pluie sale, idiote, sans vérité). Il y a du monde, dans vos mots. Lorsque j'étais adolescent, je songeais à devenir 'moine'. J'ai eu la chance, adolescent qui songeait à devenir 'moine', de passer plusieurs étés dans un monastère juste au-dessus du lac Léman, au Bouveret. Comme je songeais à devenir 'moine' (en réalité un frère qui n'eût jamais été plus occupé ou mieux possédé par ses frères, comme notre hôte nous le fait si bien et si drôlement sentir), les frères m'avaient prêté une cellule à côté d'une autre cellule dans laquelle vivait et se mourait un vieux frère. J'étais heureux, voilà.

(Une Angoisse perpétuelle, ploum ploum tralala.)

Jusqu'à l'âge de quinze ou seize ans, je passais tous mes week-ends chez mes grands-parents. Un petit appartement (la chambre de mes grands-parents, la salle à manger avec un coucou qui n'a jamais fonctionné, et le salon). Je dors dans le salon. Là, je suis seul. Je touche le fond de ce qui ne cesse de changer (ma vie). C'est la nuit, l'école est déjà une mascarade (parfois sanglante), je ne suis pas chez moi (je n'ai jamais été chez moi nulle part, il va de soi), et mes grands-parents vont mourir. Ils sont morts, d'ailleurs. Je suis dans cette chambre, sans dormir, et je regarde. Et voilà, je suis heureux, quoi qu'il en soit et plutôt sans la moindre raison (il va de soi), heureux et dans une Angoisse perpétuelle (ploum ploum tralala, déjà). Le reste n'est que littérature (consolation, joliesse, divertissement, excitation), ou tentative de se tenir, là. Et tenir là (où c'est intenable), c'est heureux. C'est douloureux, c'est heureux, une Angoisse perpétuelle, une tristesse (les mots n'ont pas l'importance que nous leur donnons), c'est à peu près égal (et l'extase à celui qui pressent la différence, le monde entier qui s'embrase, les constellations qui chavirent, etc.).

Ploum ploum tralala.


(Thierry.)

jeudi 15 janvier 2009

La vie que les moines font

Voici, chers amis du blog toujours curieux d'expériences inédites, le
transfert d'un courrier que je viens de recevoir, à 23 heures hier, de mon
ami M**, frère hôtelier. La question était en gros : "Pouvez-vous organiser
une visite de l'abbaye, durant deux heures, un vendredi fin février ?"

Chère Anne-Marie,
Tout est toujours possible comme vous le savez surtout à cette heure où il
fallu régler dans la journée des quantités de choses, comme cet hôte (78 ans
)désormais aux urgences et entre les mains des médecins qui a fait un
malaise ce matin pendant les laudes… puis l'évacuation des eaux usées d'une
des maisons qui ne se fait plus, par exemple quand on fait la vaisselle,
l'eau revient par la douche… ou encore trouver la fosse septique ou mieux le
puisard à moins que ce ne soit le bac à graisse, alors que le téléphone
sonne pour me dire qu'à tel endroit il n'y a plus d' eau alors que la veille
il y en avait encore, inspection des bâtiments pour découvrir ô merveille
que les canalisations ont du geler et que du coup tout a « pété » avec le
réchauffement, impossible de trouver la fuite, il a fallu regarder dans tous
les bâtiments de la ferme, pendant qu'un autre hôte vous cherche partout
parce que la poignée de la porte de sa chambre lui est restée dans la main
et qu'il a vous a déjà demandé la veille pour une autre porte et une ampoule
pour sa lampe de chevet qui soit disant ne s'allume pas, mais en fait elle
n'était pas branchée donc il vous ramène son ampoule neuve, et vous demande
alors un texte sur la communion des saints, et voilà un autre hôte qui vous
demande si le courrier partira bien à la bonne heure comme indiqué sur le
papier parce que son courrier est important et en voilà un autre qui
voudrait une photocopie en trente exemplaires et son éminence qui a besoin
d'une bouteille d'eau, voilà que la porterie vous appelle parce qu'ils
cherchent les interrupteurs ou les plombs pour telle lampe, tiens voilà le
livreur de fioul qui s'est encore gouré d'entrée, il faut donc courir pour
lui dire aussi qu'il ne se goure pas de cuve de fioul entre celle qui est à
sec et celle qui est pleine, parce qu'en plus ce n'est pas du tout le même
compte et au milieu de tout cela, le gentil coup de fil du Monsieur qui est
passé en coup de vent il y a un mois et se demande bien si vous souvenez de
lui et de son projet, mais bien sûr vous vous en souvenez de ce projet, mais
effectivement à la date qu'il propose j'en sais rien moi si la maison est
libre, je suis à l'autre bout de la maison justement en train de régler une
affaire de verrou et de couleur de peinture, parce que là le coup de fil qui
suit, c'est pour un super projet avec la CCI de C*** et les entrepreneurs du
** qui veulent venir pour une soirée dîner à l'abbaye pour que l'on puisse
leur présenter l'abbaye, l'activité économique et les propositions que nous
pouvons leur faire en matière d'hébergement, de location de salle et de
restauration, ah mais là ça devient très intéressant cette affaire parce que
cela fait déjà deux fois au moins que je suis sollicité pour entrer dans ce
club des patrons d'entreprises du ** et qu'il y en a quelques uns qui me
connaissent et qui aimeraient bien que j'y rentre, et voilà la lettre de la
copine qui ne vous écrit qu'une fois l'an, mais qui d'un seul coup vous
colle tous ses problèmes et toutes ses joies en une demi-page, sauf qu'au
recto elle vous annonce qu'elle vient d'être opérée d'un cancer du sein
(même pas 40 ans la fille !) et qu'actuellement elle est en chimio, certes
elle a changé de boulot, de maison, mais elle est toujours célibataire,
quant au type qui vous rappelle pour vous dire qu'il existe et que si vous
avez besoin de linge pour l'hôtellerie, il est toujours à votre disposition,
comme la dame de chez B. qui devait passer cet après-midi, mais qui est très
enrhumée et ennuyée du coup, (en plus elle n'a rappelé qu'après le 5 ème
message sur son portable) parce qu'elle ne pourra pas venir aujourd'hui mais
demain à l'heure que vous voulez, enfin celle qui l'arrange le plus et vous
pas du tout, m….. le revoilà celui-là maintenant qu'est ce qu'il veut
j'espère qu'il n'a pas une poignée dans la main, si seulement il pouvait
s'enfermer dans les toilettes avec la poignée à l'intérieur ça m'arrangerait
 tellement, ô mais qu'il est sympa ce frère d'une autre abbaye à laquelle
vous voulez commander des produits, mais ça fait déjà 4 mails d'échangés et
il a encore oublié la pièce jointe, c'est pas comme ça que je vais passer
des commandes moi, ouf « Parole et silence » est d'accord pour nous aider
pour une signature de livre que nous organisons le 22 février, le livre est
sous presse, quant au ramoneur qui n'a pas encore compris que son devis il
est pas bon, parce que la cheminée de la salle de communauté, c'est pas
l'hôtellerie qui va régler la facture, et en plus il trouve une cheminée de
plus dans la maison, elle est ou celle là ? ah oui ce doit être celle du
Père Noël peut être !

Mais pour vous tout est possible, sauf que deux heures de visite c'est un
peu long non ? on leur fait le coup de la visite et du goûter, zut c'est le
carême ! ou alors il faut faire ça le mardi gras… c'est le 24 février ça
irait ? on leur fera des crêpes pour le goûter avec du cidre non ? Bon
visite trois euros (c'est le tarif groupe) et pour le goûter ……… euh on fait
la même chose que la dernière fois ? 5 euros ça va ?

Dormez bien !
Frère M***
(publié ici avec l'accord de l'intéressé, "surtout si c'est pour un numéro
de cirque" a -t-il ajouté.)

lundi 12 janvier 2009

Mots d’excuse pour une absence


Depuis l'été dernier, impression de ne plus habiter plus nulle part. Bien entendu cette situation n'a rien à voir avec celle des malheureux sans domicile fixe qui luttent pour survivre dans le froid mortel des grandes villes. J'ai un toit, un lit, du chauffage dans un appartement assez confortable. Mais je ne l'habite pas réellement. Je sais que ce logement est provisoire et constitue une escale vers autre chose. Quoi, où ? Je ne saurais le dire encore.
Du coup, j'ai l'impression d'habiter ailleurs. Dans un appartement face à la mer où je me réfugie quand la saison le permet. J'y retrouve toute mon histoire, de mon enfance aux premiers pas de mes enfants. Moments heureux ou nostalgiques qui me donnent l'impression d'exister quelque part dans un univers rassurant. Dans une toute autre perspective, je me sens " habiter " l'appartement lointain d'une femme aux yeux changeants. J'y trouve des moments intenses et vifs que je rêve de prolonger sans savoir si nous aurons le temps d'y écrire une histoire.
Entre ces deux lieux suspendus, j'ai aussi l'impression d'avoir une fenêtre ouverte en permanence sur Internet. Impression d'habiter notre blog. J'y fais un peu de ménage ou de bricolage, j'y laisse quelques mots et j'y écoute mes amis colocataires.
C'est dans ce lieu que j'imaginais attendre le nouvel an. Je craignais ce moment qui me semblait sans promesse particulière, sans vœux clairement exprimables mais avec une obligation de réjouissance. J'avais même imaginé être le premier à poster un message le 31 décembre à minuit !
Pour mon plus grand bonheur, les choses se sont déroulées autrement. J'ai passé la fin de l'année dans un lieu que j'aime habiter. Cette nouvelle année avait les yeux que j'avais envie de voir.
Pourtant ces délicieux moments ont une fin, que j'espère provisoire. Je suis donc rentré chez moi. J'ai allumé l'ordinateur pour retrouver mes amis, notre blog. Il y était question d'habitat troglodyte, de caverne, etc. On s'inquiétait de l'absence prolongée de certains de ses habitants. Je me suis senti concerné. Je m'étais éloigné sans rien dire. Il m'a fallu du temps pour me trouver quelques mots d'excuse.
(Christophe)

vendredi 2 janvier 2009

2009 reset ?

En hommage à notre cher professeur turc qui nous envoie des photos … ah, comment dire… qui pour moi visent en plein dans le mille. C'est vraiment un endroit que j'aimerais visiter la Capadocce. Hors saison et sans touristes, ce qui diminue dangereusement les probabilités de concrétisation. Qui sait ?
Donc une des photos qu'il nous a envoyées comme variante des vœux qui circulent.
Même la machine s'y est mise. Très en forme en ce début de 2009, son premier "captcha" de l'année c'est "ressett", absolument véridique ! Je lui pardonne ce redoublement de consonnes intempestif, admettons qu'elle insiste (et elle peut).
Donc les amis : reset !!
En général, après  ça va beaucoup mieux !
Françoise

vendredi 19 décembre 2008

Bois mort (charrié par le fleuve), ou alors ?

J’essaie un peu. Non pas de revenir, où, venir, Qui, pour y faire quoi, voix que j’aime sans nostalgie, sans attente, sans oubli, voix qui se firent entendre, et de nouvelles sollicitudes venues de l’Inconnu, la grande terre qui devient si vite parfaitement inconnue, mes voisins (certains parlent en ce moment dans une langue que je ne parviens pas à reconnaître, pour y faire quoi, pour y dire quel désir, quelle tristesse, quelle amertume, on ne saura jamais), la route, encore sonore, au delà des Maisons, ai-je seulement vu à quelle hauteur ces Maisons se dressent, coupant le ciel, combien de vies, souffle proche, le mien, "qui pourrait se targuer, avec les quelques connaissances trompeuses qu’il croit posséder concernant son existence, ce processus dont le déroulement et l’issue (de secours ou fatale) sont totalement inconnus – surtout pour lui-même – si bien que…", comme dit Kertész (dans Le drapeau anglais), comme dit Qui, le jeune, le vieux, le formulable, l’informulable, le formulable qui formule des formulations pour "tire[r] un rideau sur la vie informulable qui se déroule dans l’ombre, tâtonne dans l’ombre, bref, sur la vie elle-même" ou l’informulable qui formule ou ne formule pas "littérature" ("Si la littérature est en mesure de produire de telles formules, je veux bien, mais je considère de plus en plus que seul le témoignage en est capable, ou éventuellement une vie muette et informulée comme formulation"), celui que j’étais (que je ne suis plus), ceux qui, celles qui maintenant, comment entendre le silence sans lui faire porter un poids indu, la pesanteur indue d’une interprétation (pour un peu j’aurais dit une Deutung, suis-je encore malade ?), ô mon beau silence des corps que j’espère à l’activité éparse de la banalité du calendrier du Christ mort, à l’enfantement des mots, des vies, des monstres qui déterrent les monstres, la vie parfois hachée, déchirée, mutilée, bribes de nos cœurs, fragments de nos vraies présences, velléités sincères de ces gestes arrêtés dans, arrêtés par le grand mouvement de la grande mobilisation permanente, à l’arrêt vers le silence coulé des profondeurs (ou vers l’urgence de la nécessité des êtres chers), le retard, l’avance, le chevauchement du retard qui s’avance dans la destruction de la fenêtre du Messie dépassé de Klee de Benjamin de Qui, voire ! si du moins, sans nostalgie, avons-nous jamais eu ou porté, avons-nous jamais supporté de porter ces visages que nous transportons à tombeau ouvert dans ces véhicules de toutes sortes qui nous transportent et nous véhiculent d’un endroit à un autre, villes, campagnes, chambres, bureaux, maisons, cafés, seuils quittés, pieds qui disparaissent, mains qui nous saluent, où revenir, Qui à revenir ou alors à venir dans le vieux fleuve identique à l’Obscur, être bois mort charrié, ou CROCODILE.


(Thierry.)

mardi 16 décembre 2008

Henri Comby


Henri Comby, un sculpteur très estimé par J. Amado, à découvrir et à commenter également.
(Michelle)

Corneille

Dormir, ne pas dormir descend si loin, n'a le bruit de rien. Souffle qui
vient, souffle qui ne vient pas. Absence de lueur, la lueur passe sous les
paupières. Corneille passante, tout gravite, tout s'écoule un peu plus loin.
Les yeux de sommeil savent la trace, et le désir. La rivière est encor dans
le souffle. S'il faut mourir, la chair d'un arbre ne se voit plus
maintenant.
Ouvrez-moi ! Ouvrez-moi !
Le danseur est endormi sur le côté droit.

Erwann Rougé

(à murmurer très bas, dans la nuit ou le matin trop tôt, de la part
d'Anne-Marie)